Laurine à Québec - Erasmus et double-licence
- associationedennan
- 9 févr. 2025
- 6 min de lecture
Pourquoi as-tu décidé de participer à Erasmus ?
Selon moi, partir à l’étranger constitue une expérience extrêmement enrichissante, tant du point de vue des connaissances que l’on peut acquérir, que du point de vue de l’expérience humaine. Il est certain que les cours que l’on peut suivre n’importe où à l’étranger permettent d’avoir un panel de connaissances plus diversifié, et original qu’un étudiant classique.
A titre d’exemple, au Canada j’ai pu suivre un cours de droit constitutionnel canadien, dans une optique québécoise. J’ai pu comparer le fonctionnement du système français, qui est une République et un Etat unitaire suivant le système de Civil Law, au système canadien qui est un Etat fédéral, et une monarchie constitutionnelle, suivant le système de Common Law. Il sera TOUJOURS apprécié de vos futurs employeurs que vous ayez une connaissance particulière, ou originale. Ces cours que vous suivrez à l’étranger, il serait bien difficile de les suivre dans un système classique, alors que les cours que vous raterez en France sont très largement rattrapables. Vous avez la possibilité d’enrichir votre CV en suivant ces cours à l’étranger gratuitement alors que les écoles dans lesquelles vous serez sont normalement très onéreuses …En plus des connaissances juridiques / économiques à l’étranger, vous allez pouvoir échanger dans une langue étrangère, et ce facteur est très important pour enrichir votre CV. Mais en plus des connaissances acquises, cette expérience prouvera à vos futurs employeurs vos capacités d’adaptabilité, votre curiosité, et votre courage.
N’oublions pas que partir seul plusieurs mois dans un pays que l’on ne connait pas n’est pas chose facile ! Humainement parlant, vous allez en apprendre énormément sur vous-même. Une fois arrivé, il faut se loger, gérer les petits problèmes du quotidien de manière responsable, se débrouiller seul quoi ! Enfin, vous rencontrerez énormément d’étudiants de nationalités différentes, ce qui donne l’occasion d’échanger, dans différentes langues, sur les cultures / mentalités / coutumes / modes de vies de chaque pays. Ce dernier point donne, je le crois bien, une ouverture d’esprit particulièrement intéressante, a fortiori pour des étudiants de droit et/ou économie.
C’est donc pour ces principales raisons que j’ai décidé d’appliquer à l’université LAVAL, au Québec. C’était mon premier vœu. La raison première de ce choix réside dans le fait que je pense qu’une expérience en Amérique du Nord proposée par une université française est une chance exceptionnelle autant que rare. Avoir une expérience étudiante en Amérique du Nord constitue un atout considérable pour un étudiant de l’Union européenne. Je pense pouvoir plus facilement organiser un futur échange ou une expérience professionnelle au sein de l’UE plus tard ; j’ai donc saisi cette opportunité particulière.
Comment t’es-tu préparé au voyage ? Avais-tu des appréhensions ?
Nous avons tous, sans exception, des appréhensions. C’est tout à fait humain, et normal ! Le contraire serait d’ailleurs inquiétant. Il faut s’organiser pour voyager. Mais attention, organiser un voyage ne veut pas dire prévoir de A à Z tous les détails, car c’est inutile et impossible. Il faut comprendre que les aléas du voyage arriveront, et c’est ce qui fait que vous serez amenés à démontrer votre capacité d’adaptation. Pas de panique, ce n’est certainement pas le bout du monde !
J’ai pour ma part commencé par les papiers administratifs permettant de sortir du territoire. Pour le Québec il me fallait un passeport, et une AVE (autorisation de voyage à l’étranger, un peu comme un VISA). Je pense que c’est la première chose à faire quand on part hors de l’UE car parfois faire les papiers peut prendre un certain temps.
Il faut ensuite s’assurer que tous les papiers administratifs d’inscription à l’université étrangère ou d’acceptation de l’université étrangère ou encore les papiers de la faculté française, sont bien remplis et envoyés aux bons destinataires. Il faut s’assurer que le dossier est bien complet.
Il faut ensuite anticiper ce qu’il faudra remplir comme papiers une fois arrivé à l’université étrangère : dans quel bureau il faudra aller, quels papiers il faudra remplir ou frais à payer, les choix de cours qu’il faudra faire pour bien valider vos crédits ECTS etc …
Ensuite, il faudra regarder les frais de voyage. Regardez comment voyager jusque dans la ville de votre université (avion / train / bus), puis également une fois sur place comment vous déplacer dans la ville. Cela vous permettra de vous familiariser avec le campus de l’université, la taille de la ville, les transports, les commerces etc…
Enfin, il faut regarder les logements. Souvent les universités prévoient des sortes de cités universitaires (chambres étudiantes). Mais attention, les places sont souvent limitées et les premiers à remplir leurs dossiers seront les premiers à obtenir une chambre. Vous pouvez regarder des appartements à louer, des chambre chez l’habitant, des foyers étudiants etc… On n’y pense pas très souvent, mais par exemple Airbnb fonctionne de partout dans le monde, autant sur des courtes périodes que sur des plus longues périodes. Pour ma part, j’avais fait une demande de chambre étudiante mais je n’ai pas eu de place. J’ai réservé un foyer étudiant sans donner d’accord définitif avant d’être sur place. Une fois arrivée, le foyer était délabré ; j’ai donc refusé de m’y installer. Voici le cas d’un imprévu ! J’ai réservé un airbnb pour la nuit, et en faisant du porte à porte j’ai trouvé un particulier qui louait une dépendance chez lui, à un prix très abordable, près de l’université, et très grand … Au final j’ai passé de très bons moments avec eux.
A quoi ressemblait ton quotidien là-bas ? Comment est la vie étudiante à Québec ?
Au Québec, le fonctionnement est TRES différent d’un fonctionnement français. Je n’avais que 12 heures de cours par semaine, uniquement du cours magistral. Cependant, ils nous donnaient un peu comme un plan détaillé de cours, et c’était à nous d’approfondir en étudiant de manière autonome les nombreux ouvrages qu’ils nous demandaient d’avoir. De plus, et c’est le plus perturbant pour un étudiant français, nous passions l’ensemble de nos examens à livre ouvert, ce qui veut dire que nous avions accès à absolument tous nos cours durant l’examen. Les épreuves n’étaient pas pour autant plus faciles … Nous étions en situation, comme un juriste professionnel. De plus, les épreuves étaient longues ; il fallait être très réactif et rapide pour pouvoir les finir. Par ailleurs, les professeurs étaient très à l’écoute des étudiants. En plein cours magistral beaucoup de questions étaient posées car l’ensemble des cours étaient soigneusement préparé par les étudiants avant d’arriver en classe ! Les étudiants payent de gros frais de scolarité, ce qui leur donnait une incitation à travailler particulière car ils ne voulaient pas redoubler.
Concernant la langue, les québécois sont globalement très attachés à la langue française ; j’ai donc parlé français. Cependant, d’une part le québécois et le français de France sont quasiment deux langues différentes, et d’autre part le Canada reste un Etat anglophone, ce qui m’a amenée à parler très régulièrement anglais.
Les niveaux de prix de la ville de Québec ne sont pas nécessairement plus élevés. Cependant, il faut faire attention car les prix annoncés ne comprennent jamais les taxes (il faut rajouter 15% du prix affiché). En revanche, les prix de transport (bus/train) sont bien plus chers qu’en France, à tel point qu’il vaut souvent mieux louer une voiture que prendre le train.
La ville de Québec est très étudiante, et bien animée. L’université est très sportive, et j’ai pu assister à plusieurs matchs de football américain, et de hockey. Culturellement, le football français n’existe pas et le hockey est une religion ! De plus, beaucoup de soirées sont organisées sur le campus même de la faculté. De nombreuses entreprises privées sont en contrat avec l’université, ce qui rend le campus très animé. Par exemple, nous pouvions boire un verre dans un bar, aller chez le coiffeur, aller en boîte, et tout ça au sein même de l’université. La conséquence est que les étudiants s’amusent, boivent de l’alcool, mais la sécurité est maximale car les vigiles sont présents dans le cadre de l’université. Enfin, Québec étant proche de Montréal, j’ai pu visiter la ville qui est encore plus animée en restaurants, soirées, bars etc… Les Etats-Unis et Cuba ne sont pas loin non plus, ce qui donne l’occasion de voyager pour pas trop cher en étant au Québec.
As-tu des regrets ?
Le seul regret est que le temps passe très vite, et on ne peut malheureusement pas tout faire en l’espace de seulement cinq mois. Profitez, travaillez, amusez-vous !
As-tu des conseils pour les étudiants qui souhaitent partir en ERASMUS ?
Un seul conseil particulièrement à l’attention des étudiants de double licence. Il y aura deux mémoires à rendre dans l’autre discipline que celle choisie pour ERASMUS. Faites attention à bien anticiper votre travail. Il vaut mieux rentrer en France en ayant bien avancé sur la rédaction de votre mémoire, car sinon le retour peut s’avérer bien difficile à gérer entre les cours du dernier semestre dans les deux licences et les mémoires … (expérience vécue)




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